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1B) La censure dans le régime démocratique (Etats-Unis)

« Toute référence à la perversion sexuelle est formellement interdite. »

Code Hays

« La présentation de rapports sexuels entre les personnes de race blanche et celles de race noire est interdite »

Le Code Hays est un nom générique désignant un “code de bonne conduite” instauré dans les années 1930 pour réguler le contenu des films aux Etats-Unis. Plusieurs scandales à Hollywood au début des années 1920 (inculpation pour meurtre et viol du comique Fatty Arbuckle; meurtre du réalisateur William Desmond Taylor et révélations sur sa vie dissolue; mort par overdose du comédien Wallace Reid), donnèrent aux médias et aux groupes de pression moralistes l’occasion de dénoncer le milieu du cinéma comme un temple de la débauche la plus effrénée, et sa production comme devant être étroitement surveillée. La Motion Pictures Producers and Distributors Association, ou MPPDA (plus tard rebaptisée Motion Picture Association of America, ou MPAA), organisme regroupant les grands studios hollywoodiens, fut alors créée pour donner une bonne image de la production cinématographique; William Harrison Hays, ancien ministre des postes, en devint le responsable.

Durant ses premières années d’existence, la MPPDA se montra relativement inefficace pour instaurer la censure dans le contenu des films; en 1930, enfin, fut officiellement instauré le “Production Code“, plus connu sous le nom de “Hays Code“, du nom de son principal inspirateur.

A partir de 1934, la MPPDA obtint de soumettre chaque film à son approbation préalable avant toute distribution commerciale, instaurant de fait un état de censure permanente sur le cinéma américain. Etaient interdits, déconseillés ou fortement régulés : toute sexualité explicite (voire implicite), sans parler de l’homosexualité, dont la seule mention était impensable, toute représentation défavorable de symboles patriotiques, l’adultère (qui devait être explicitement condamné), la drogue, la violence excessive, le métissage et la vulgarité (y compris des jurons fort tièdes comme “hell” ou “damn”).

Scarface de Howard Hawks (1896-1977)

Les débuts hollywoodiens du « gangster »

Le film Scarface a été produit en 1932. Il raconte l’histoire du célèbre malfrat Tony Commonte.

En 1931, date du tournage de Scarface, plus de 50 films de gangsters sont mis en chantier par les studios hollywoodiens. Juste après la grande dépression de 1929 et en pleine prohibition (1919-1933), la figure du gangster est magnifiée par la presse et de nombreux spectateurs la perçoivent comme une alternative possible à leur vie terne et miséreuse.

Suite à l’application du Code Hays, il n’est pas étonnant que Scarface, dont le personnage principal est calqué sur Al Capone, ait eu beaucoup d’ennuis avec la censure. Hawks a dû concevoir trois fins. La première, interdite, montrait Scarface abattu par une bande rivale (fin réaliste et moderne mais qui avait l’inconvénient de montrer l’impuissance de la police). Hawks a dû même rajouter les scènes où le commissaire compare les gangsters à des rats et celle où le directeur de l’Ivening Record indique aux représentants du gouvernement des méthodes pour combattre le gangstérisme. La deuxième, où Scarface après avoir supplié les policiers de lui donner une chance puis, essayant de fuir, est abattu comme un chien sur le trottoir, est celle que nous connaissons. Dans la troisième, distribuée dans certains pays comme le Brésil, Scarface est jugé par un tribunal où il est qualifié de honte de la nation, expression qui servit d’abord de sous-titre au film avant d’être abandonnée. Il est ensuite traîné à la potence.


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